Pour une filière fruits et légumes frais vertueuse impliquée dans l’anti-gaspi. Description générale Difficile de parler au consommateur des bonnes pratiques pour lutter contre le gaspillage quand ces pratiques sont devenues de petits gestes du quotidien auxquels on ne prête plus attention. Voici une liste (non exhaustive) mettant en avant l’implication des détaillants et des consommateurs dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Les nouvelles technologies permettent également aux professionnels d’être plus juste dans le métier, plus réactif encore ou et de proposer différents modes de vente qui facilitent l’expérience d’achat des clients. Enfin, sont citées des exemples d’initiatives en amont pour illustrer l’engagement des acteurs tout au long de la filière. Pertes ou gaspillage ? Plusieurs définitions des pertes et gaspillages coexistent. Le pacte national de Lutte contre le Gaspillage Alimentaire (repris par l’ADEME) définit le gaspillage alimentaire comme : « toute nourriture destinée à la consommation humaine, qui a une étape de la chaîne alimentaire est perdue, jetée, dégradée ». Les produits destinés à la transformation industrielle, vendus à prix réduits et les dons ne sont pas considérés comme des pertes et gaspillages alimentaires. On considère qu’une perte s’impose aux acteurs très souvent par des contingences extérieures (climat, marché), et donc plutôt la privation de la jouissance d’un bien, alors que le gaspillage résulte d’un mauvais choix, d’une pratique plus délibérée (soit une utilisation inappropriée ou à mauvais escient). Nombreuses sont les études récentes qui, volontairement, ne dissocient plus les pertes du gaspillage. Explication détaillée Les bonnes pratiques dans la gestion de mon point de vente : • Des achats/réceptions au quotidien pour les produits sensibles • La prise en compte de la fragilité des produits dans la fréquence d’achat pour limiter les durées de stockage • L’estimation des ventes sur la base d’un historique, d’évènements et des éléments constitutifs du produit pour acheter les quantités nécessaires au plus juste de mes capacités de vente • La sélection de mes fournisseurs sur la qualité des produits • Le contrôle de la fraîcheur des produits lors de l’achat / réception • Des manutentions/manipulations précautionneuses • La prise en compte de la fragilité des produits et des ventes dans les quantités exposées en rayon et dans la façon de présenter les produits • Des opérations de « déstockage » pour faire profiter les clients d’un produit satisfaisant tant qu’il est encore temps • L’enregistrement et la valorisation des pertes pour en faire un indicateur chiffré d’information et de pilotage (suivi d’une zone particulière du magasin et adaptation du mobilier/implantation, suivi d’un produit/famille de produit…) avec l’objectif de le réduire à un risque acceptable. Un outil de travail adapté à la vente de produits sensibles/fragiles : • Des conditions d’ambiance maîtrisées et adaptées aux fruits et légumes (compromis arbitré entre respect des conditions idéales pour le produit et le confort des clients) • Zones à différentes températures et différents niveaux d’hygrométrie en réserve par rapport à la fragilité des produits • Mobilier adapté aux F&L • Vigilance sur la propreté • Outils de manipulation/moyens de transport adaptés à la fragilité des produits • Un outil, une implantation et une organisation pour permettre de consommer des produits frais tous les jours par des achats rapides, fréquents et qui limitent le besoin de stockage chez les clients Eviter les invendus, valoriser plutôt que jeter • Paniers de produits qui ne sont plus de toute première fraîcheur à des prix avantageux • Partenariats avec des associations solidaires • Don pour l’alimentation animale, le recyclage, la production d’énergie verte… En travaillant des produits frais on confronte des incertitudes avec des produits périssables. Il faut savoir prendre des riques, pour faire découvrir des produits ou pour soutenir les producteurs/fournisseurs lors des pics de production. Des conseils pour aider le consommateur à limiter les pertes chez lui : • Quantités à acheter selon l’utilisation prévue (mode de consommation et nombres de convives/repas) • Durée de vie des produits et délai d’utilisation adaptés aux produits • Conditions de conservation en fonction de son délai d’utilisation • Variation des utilisations pour ne pas le lasser et gâcher • Utilisation des parties moins « nobles » des produits (fanes de carottes, vert du poireau, pépins des courges…) pour tirer le maximum des produits • « Recycler » un plat pour en faire un nouveau Tous les maillons de la filière œuvrent à limiter le gaspillage alimentaire par de nombreuses pratiques : • Installation de vergers sous filet (protection du vent, grêle…) • Installation d’abris froid • Segmentation des produits et circuits en fonction de l’apparence • Transmission précise des besoins entre opérateurs • Revalorisation des retours clients • Envoi de produits en transformation : valorisation des produits destinés à la transformation (agréage spécifique) si possible, valorisation des écarts de triage/conditionnement • Utilisation en alimentation animale : usine ou directement auprès d’éleveurs • Filière don alimentaire • Travail des équipes : réunion analytique de suivi des pertes, traitement des réclamations clients La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire a pour objectif de réduire de 50 % le gaspillage alimentaire de l’ensemble des acteurs d’ici 2025. Pour ce faire, un label national a été créé. Il a pour objectif d'améliorer et de valoriser les pratiques, et de garantir un niveau réduit de gaspillage alimentaire aux consommateurs, aux partenaires professionnels, et au public en général… Il comprend trois niveaux de performance : 1 étoile : « engagement », deux étoiles « maîtrise » et trois étoiles « exemplaire ». Une grille d’audit et d’auto-évaluation est disponible et téléchargeable sur le site : Label antigaspi alimentaire | Ministères Écologie Énergie Territoires (ecologie.gouv.fr) Les services de l’Etat estime en France les pertes alimentaires annuelles tout au long de la chaîne alimentaire depuis le producteur jusqu'au consommateur à 10 millions de tonnes (= 16 milliards d'euros) soit près de 20% de la nourriture produite. L’ADEME constate une répartition des pertes : • 32 % en phase de production • 21 % en phase de transformation • 14 % en phase de distribution • 33 % en phase de consommation Pour la phase de consommation, cela représente 30 kg par personne et par an de pertes et gaspillages au foyer. Pour la filière fruits et légumes frais précisemment, une étude commandée par INTERFEL estime les pertes de la filière à 12%, mettant en avant des pertes réduites et des acteurs engagés à tous les stades de la filière Source : INTERFEL - Étude des pertes alimentaires dans la filière fruits et légumes (Cabinet Gressard Consultants) - 2015